Depuis plusieurs jours, l’on aurait vu l’une des membres du Cénacle faire des allers-retours dans la Cité à la recherche d’informations de toutes sortes. La jeune sombre, se renseignait sur divers sujets, comme les autorisations de construire, les patentes et autres joyeusetés administratives du genre. On dit même qu’elle posait mille questions sur les raisons de la fermeture de la dernière auberge du coin.
La boulangère fut approchée pour connaître ses prix et ses possibilités de production en matière de bon pain et douceurs pâtissières. D’autres furent contactés afin d’en savoir plus sur les fournisseurs d’alcool de la région et la cuisine traditionnelle orientale. Il en fut de même pour le peintre le plus réputé du coin et quelques musiciens habitués à venir jouer sur la place.
Petit à petit, la sombre remplissait son carnet de noms, d’adresses et autres notes.
Dans la matinée, on la vit sortir des locaux du Cénacle un lot de parchemins sous le bras. Déterminée, elle alla déposer le tout aux autorités, une lueur de détermination dans le regard.
Les villageois espèrent sincèrement que la guilde proposera bientôt une taverne comme beaucoup le murmurent, ou une auberge. Le genre de lieu qui vous fait oublier les affres de la guerre qui sévit non loin de là. Apportant un peu de joie et de bonne humeur qui briseraient cette ambiance électrique et morose. Car il n’est pas dans la mentalité Orientale de se morfondre et attendre la mort passivement.
Le Cénacle s’est vu autorisé la création d’une taverne dans ses propres locaux au sein même de la Cité. Après que la jeune sombre ait transmis l’information à quelques villageois qui seraient bientôt impliqués dans le projet, il n’en fallut pas plus pour que la nouvelle se répande à tout le reste de l’Orientale.
Beaucoup trépignent d’impatience à l’idée de pouvoir retrouver un lieu où la détente et le divertissement y auront une place centrale.
Mais il reste encore beaucoup à faire, notamment de lourds travaux afin d’adapter les lieux à leur nouvel usage. Personne ne s’étonna donc de voir débarquer à la Cité des bras costauds munis de marteaux, pelles, pioches et autres outils dés la fin d'après-midi. Des types que l’ont reconnus comme des anciens squatteurs de la forteresse au Nord, reprise depuis presque un mois par le Cénacle.
Pour l'heure, les hommes déménagent les meubles et les effets personnels de la guilde jusqu'à la forteresse, tout en profitant des aller-retours pour déposer le matériel utile aux travaux dans les locaux.
Aucun doute que dès demain, les choses sérieuses pourront commencer.
Depuis le début des travaux, des bruits de pierre qui se cassent s’élèvent toute la journée durant à la sortie de la ville. Les hommes défilent, évacuant les débris vers l'extérieur de la Cité.
Les curieux aussi défilent, sans relâche, impatient de voir leur future taverne prendre forme. Il y a fort longtemps que la Cité n'en avait pas accueillie une en son centre, poussant les amateurs à faire la route jusqu'à l'auberge un peu plus loin qui sert, il est vrai, de délicieuses bières orientales.
Mais ce soir, l'accès au chantier fut purement et simplement interdit au public. Des hommes furent postés à l'entrée, informant les passants du danger que représentait désormais les lieux. Selon les villageois, la refonte des locaux entraine quelques faiblesses dans la structure, la rendant instable. Il est recommandé d'en rester éloigné jusqu'à ce que le Cénacle et ses hommes en aient terminé.
A moins que ce ne soit une façon astucieuse de garder la surprise sur ce qui se prépare là-dedans!
Dès l’aube, c’est un convoi important de meubles qui débarqua à la porte sud de la Cité Orientale. Sans relâche, les hommes travaillant pour le Cénacle se relayèrent pour décharger les chariots et installer tout le matériel dans les locaux de la future taverne, sous la houlette et avec l’aide de l’ancienne vagabond et future gérante des lieux.
Sur le coup des midis, fut également accrochée sur la devanture la nouvelle enseigne de la Cave Orientale, fraîchement sortie des ateliers d’un artisan local. En bois sculptée, les lettres sont peintes en dorée et donne une touche de magie à la façade, laissant présager de belles surprises à l’intérieur de ce nouvel établissement.
On murmure que ce n’est plus qu’une question de jours avant que l’ouverture officielle ne soit annoncée.
En attendant, deux gardes restent en permanence postés à l'extérieur, interdisant les civils de trop approcher. Tous semblent se démener pour garder la surprise jusqu'à la dernière minute.