
Tout débuta dans une sombre ruelle de la cité Vampirique, ou une humaine fut laissée pour morte. Son corps froid et livide resta plusieurs heures sous la pluie qui ruisselait sur son visage ce jour-là. Des traits fins dans un ovale délicat était encadrés par une chevelure mouillée et souillée de son propre sang, une mèche rebelle s'accrochant sur la joue de celle-ci. Son épaule dénudée ne cachant rien des deux trous saignants, exsangue de ce qui avait pu couler en elle.
Les coupes jarrets et autres individu n'avaient bien sûr, pas laissé la moindre trace de ses effets personnels. Dérobant jusqu'au moindre bijou, la moindre babiole ou même adena qui aurait pu rester sur ce cadavre. Dans cette cité ou la mort elle-même n'a pas de prise, l'ouverture des yeux de la belle ne choquant que le rat qui s'était approché dans l'espérance d'un peu de viande pour son repas. Son regard grand ouvert sur l'effroi, telle une proie devant le chasseur, chasseur qui ne semblait plus hanter les lieux de son crime. Les doigts fins agités de petits spasmes dans la boue, s'accrochant au vide comme un réflexe de survie. Le rat repartit sans attendre pendant que la jeune femme se redressait. Ses mains dégageant son visage de ses cheveux, le regard aux pupilles rouges regardant autour d'elle pour reprendre ses esprits. Appelant de tous ses vœux de se souvenir de la raison de sa présence en ses lieux. Pourtant, aucun souvenir ne venait la torturer, la pluie ne lui semblait pas froide malgré l'époque qui se rafraîchissait inexorablement.
C'est chancelante qu'elle quitta la ruelle, à la recherche de ses souvenirs sans trop savoir vers ou aller. Ses vêtements couverts de boue finirent par se nettoyer sous la pluie. Ayant des airs de mendiante, son ventre lui était douloureux, la faim la tenaillait. Une seule logique dans son esprit, se sustenter devenait urgent. Elle finit par se renseigner sur un petit travail vite fait, assez pour se payer un repas. Quelques propositions salaces plus tard, elle finit par se retrouver en plein cœur du Sanctuaire d'Einhasad.
Un malaise profond au creux de l'âme, elle alla tout de même s'enquérir à Pantheon d'un potentiel travail. Cette histoire d'île parlante reconstruite était intrigante, mais son discours sur le fait que tous avaient leur place ici avait un petit quelque chose de rassurant. Il ne fallait pas se leurrer, sa place elle ne savait plus trop où elle était. Sa mémoire était toujours aussi brumeuse, bien que la mention de la Déesse de la destruction avait quelque chose d'étrangement familier. Elle s'y pencherait plus tard, pour l'heure, la faim était l'urgence. Le vieux sage lui demanda de rejoindre un certain Theodore. Il devait se trouver au centre du village et serait le responsable des recherche dans les Ruines de Ye Sagira.
Ville magnifique sous la lueur des étoiles, même l'eau avait des reflets lumineux. Il ne fallu pas beaucoup d'effort pour débusquer le dit Theodore qui se trouvait à être un elfe qui la dépassait de presque deux têtes. Celui-ci prenant la peine d'expliquer que Pantheon était le meilleur archéologue de tout Aden. N'écoutant son discours que d'une oreille, elle avait surtout les yeux sur la bourse entre ses doigts. Neuf mille adenas, voilà de quoi manger avant d'aller faire ce pourquoi elle était payée.
Trouvant rapidement de quoi manger, quel délice de sentir ce bout de viande sur sa langue et pourtant quelque chose clochait. La faim la tenaillait, mais chaque bouchée se soldait par de violentes nausées qui la forçaient à régurgiter la nourriture. Les premières lueurs du jour semblait naître, elle se décida à chercher un médecin, mais son premier pas dans la lumière la fit reculer dans un grésillement odorant et douloureux. La forçant à se recroqueviller dans un coin de bâtiment, attendant ainsi pendant des heures. La respiration sifflante, la faim lui tordait les entrailles, elle avait l'impression de basculer dans la démence. Un passant finit par passer par là, hasard ou pas, s'enquérant de sa santé avec gentillesse. Sans même comprendre ce qui se passait, la jeune femme fondit sur lui, enfonçant ses crocs dans la chair de cette victime improvisée. Il n'y eu pas un cri, seul le silence répondit au gémissement presque plaintif de celle-ci en comprenant ce qu'elle venait de faire.
Tout allait trop vite et il lui fallu plusieurs heures avant de bouger, la faim calmée, les idées plus claires. Elle se débarrassa du cadavre dans le sable de la plage sous la présence de la lune. Il fallait se rendre à l'évidence, si sa mémoire avait été altérée, il lui restait au moins la capacité de raisonner. Elle était devenue un prédateur, dorénavant il lui fallait éviter les gens si elle ne voulait pas causer plus de morts inutiles.
Sans but, elle finit par se souvenir des conseils de Thedore et trouva rapidement Shannon, en même temps il faut avouer qu'elle était difficile a rater avec sa coiffe en plumes rouges et son épée aussi grosse qu'elle. Pour prouver ma valeur je devais montrer ce que je valais sur des mannequins d'entrainement. Ma main se saisit par réflexe d'un bâton sur l'un des râteliers d'armes, mon esprit se souvenait lui et c'est sans soucis que ma magie causa une violente déflagration sur le mannequin qui explosa en petit bois pour le feu. La laissant abasourdit, ne se sachant même pas capable de faire ce genre de choses. Ce qui n'impressionna pas du tout l'orcesse à plumes qui lui rétorqua calmement qu'il n'était peut-être pas vain de l'entrainer.
C'est qu'ainsi qu'après moult courses qui lui donnèrent l'impression d'être coursière elle fut envoyée dans les ruines par un sombre nommé Devon au regard profond. Partant à l'aventure avec un livre, une plume et un vieux bâton. Puisque sa mémoire lui faisait défaut, elle noterait tout, ainsi cela lui évitera d'oublier le reste.
Cet endroit irréel, des structures flottants ça et là, où tout donne l'impression de tomber d'une minute à l'autre. C'est un endroit intriguant. Les créatures qui y siègent ont tout, d'humanoïdes, voir d'anciens chercheurs. Contaminé par un mal qui n'éveille aucun souvenir en moi, des tentacules sortant de leurs chairs, comme de multiples appendices ou membres. L'odeur de leur sang n'éveille pas la faim en moi, c'est déjà une bonne chose. Leur âme, elle, ne semble plus siéger en leur être. J'imagine qu'il serait vraiment douloureux de continuer de vivre dans une chair du genre sans frôler la démence. Heureusement qu'il ne reste plus d'intelligence dans le regard de ceux-ci. Je ne peux m'empêcher de me demander si je dois me considérer aussi comme un monstre. La maladie semble aussi toucher les créatures qui s'y trouvent, il ne me reste qu'à espérer de, ne pas devenir comme eux. Des créatures étranges liées par des chaînes représente un torse et des bras humanoïdes avec un cube sur la tête, ce sont peut-être les vecteurs du virus.
J'ai passée la nuit là-bas, à me faire quelques pièces et un nom, mais un doux grésillement attira mon attention, le soleil se levait, la douleur est devenue intense, je me suis réfugiée sous un bout de structure. J'ai un peu sommeil, je vais profiter du jour pour me reposer un peu. Espérons que demain m'apporte plus de réponse.
