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"Pour l’heure, c’est à l’orange"
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Les sabots des chevaux résonnent dans la ruelle. Là-bas, au coin de la rue, un homme hurle plus que ne proclame ses promotions du jour. Des enfants jouent en criant devant moi et sans cesse, des personnes s’arrêtent pour m’observer travailler à travers la vitre. Parfois, certains toquent contre cette dernière pour me faire un signe pour montrer leur approbation, d’autres le font, juste pour me déconcentrer.
Mais à vrai-dire, je ne les regarde pas, ni ne les entends.
Peut-être autrefois, oui.
Mais plus à présent.
Toute cette foule de gens.
Ce brouhaha de vie.
Ce brouhaha de vie.
Je suis concentrée.
Et quand je le suis, je n’ai pas le temps pour autre chose.
Et quand je le suis, je n’ai pas le temps pour autre chose.
~~~
Le grelot du plafond retentit lorsque la porte s’ouvre avec éclat. Une silhouette en contrejour s’exclame :
- Noan est parti ! Vers le port dans le sud !
La voix d’Estielle. Stoppant la couture que je réalisais, j’hoche de la tête en la regardant, attendant la suite sans dire un mot. En voyant mon absence de réaction, elle fronce des sourcils.
- Il est parti. Pour de bon. Pour traverser la mer.
- Oui, j’imagine bien qu’il n’y est pas allé pour pêcher. Et alors, il fait bien, non ?
- Mais… mais il nous lâche ! Et.. il est partit sans rien nous dire !
- Peut-être que les adieux étaient une chose trop difficile pour lui ? Que veux-tu qu’on y fasse ? Il nous avait dit qu’un jour il craquerait et tenterait le coup. Tu ne t’en souviens pas ?
- Oui mais… Hmf.
Elle brasse l’air des bras en de grands gestes lasses, s’immobilise, puis se met à pleurer. Je fais une moue en la voyant.
- Estielle…
Je soupire un peu et me lève pour la prendre dans mes bras.
- Noan est parti ! Vers le port dans le sud !
La voix d’Estielle. Stoppant la couture que je réalisais, j’hoche de la tête en la regardant, attendant la suite sans dire un mot. En voyant mon absence de réaction, elle fronce des sourcils.
- Il est parti. Pour de bon. Pour traverser la mer.
- Oui, j’imagine bien qu’il n’y est pas allé pour pêcher. Et alors, il fait bien, non ?
- Mais… mais il nous lâche ! Et.. il est partit sans rien nous dire !
- Peut-être que les adieux étaient une chose trop difficile pour lui ? Que veux-tu qu’on y fasse ? Il nous avait dit qu’un jour il craquerait et tenterait le coup. Tu ne t’en souviens pas ?
- Oui mais… Hmf.
Elle brasse l’air des bras en de grands gestes lasses, s’immobilise, puis se met à pleurer. Je fais une moue en la voyant.
- Estielle…
Je soupire un peu et me lève pour la prendre dans mes bras.
~~~
Le soleil scintille à l’horizon. Éclat puissant. Qui illumine encore les toits sombres de la ville. Les murs des façades, teintées alors de cet orangé si particulier.
Bientôt, le bleu. Nuit.
Assombrira l’entièreté des ruelles.
Et le silence.
Pour l’heure, c’est à l’orange. Ce qui signifie qu’il est l’heure de fermer boutique.
Bientôt, le bleu. Nuit.
Assombrira l’entièreté des ruelles.
Et le silence.
Pour l’heure, c’est à l’orange. Ce qui signifie qu’il est l’heure de fermer boutique.
Estielle est restée un long moment. À parler. Me regarder travailler. Pleurer. Soupirer et parler encore. Par moment, j’ai regretté être venue travailler aujourd’hui. Et à d’autres, je me suis dit qu’heureusement, j’avais été là pour elle.
« Il a eu raison de partir, tu as vu le nombre de mort aujourd’hui en ville ?! Ça me terrifie... »
« Que vas-tu faire toi ? »« Tu m’abandonnes pas toi hein ?! »
« Notre cité est encore un lieu sûr tu penses? »
Terrifiée, triste et assaillie par ses peurs, elle s’est endormie, les bras croisés sur ma table de travail. Je m’apprête à la réveiller lorsque le son du grelot de la porte tinte à nouveau. Je reconnais alors le nouvel arrivant.
Noan.
Noan.
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